Joueuses de water-polo féminin réunies pour un match 100% féminin à Montpellier, organisé par Sea Sun Polo

Water-polo féminin à Montpellier : la renaissance historique après 10 ans, portée par Sea Sun Polo

Le water-polo féminin montpelliérain vit un vrai tournant. Depuis la disparition de la section féminine du Languedoc-Roussillon Water-polo (ancienne formation rattachée au Montpellier WP), la métropole n’avait plus aucune structure dédiée à la pratique féminine. Aujourd’hui, Julie Brechner, ancienne joueuse de cette section historique et aujourd’hui engagée au sein de Sea Sun Polo, s’associe à Yannis Yebdri, président du club, pour inverser la tendance.

La métropole ne compte plus aujourd’hui que cinq pratiquantes. À l’échelle de l’Occitanie, seul le club de Toulouse dispose d’un effectif suffisant pour aligner une équipe féminine complète, sans toutefois l’avoir engagée en championnat cette saison. Sans structure dédiée, les joueuses montpelliéraines évoluaient jusqu’ici uniquement en équipes mixtes, en Nationale 3 ou Régionale 2.

Autre évolution marquante : les niveaux de compétition féminine ont changé en une décennie. Il n’existe désormais plus d’échelon intermédiaire pour les séniors féminines, qui basculent directement de la Nationale 1 à l’Élite.

Le week-end du 11 avril 2026, Sea Sun Polo a organisé un match entièrement féminin à Montpellier, une première depuis dix ans. L’événement a rassemblé d’anciennes joueuses de Nationale 2, revenues donner l’impulsion, aux côtés de nouvelles pratiquantes de tous horizons : la plus jeune a 25 ans, quand une ancienne joueuse de très bon niveau a repris la compétition à 52 ans. Le principe est simple : « Tant que tu sais nager, on prend ! »

Le projet vise désormais à structurer une équipe couvrant l’ex-Languedoc-Roussillon, l’Occitanie étant jugée trop vaste pour rassembler suffisamment de joueuses. Des ententes ont déjà été nouées avec Perpignan et Portet-sur-Garonne, avec le renfort de deux à trois joueuses d’Albi et de Tarbes, dans l’objectif de pouvoir un jour affronter Toulouse.

En juin 2026, un nouveau match 100% féminin doit se tenir à Perpignan, avec l’ambition qu’à terme, chaque ville disposant de joueuses organise sa propre rencontre, et que des entraînements régionaux communs voient le jour.

L’objectif pour la saison 2026-2027 : réunir 15 à 20 joueuses pour constituer une véritable équipe Sea Sun Polo. En attendant, le club continuera de miser sur les ententes et sur un maximum de matches, pour redonner toute sa place au water-polo féminin dans la région.

Le water-polo féminin français reste une discipline confidentielle comparée à d’autres sports collectifs, malgré une présence olympique depuis les Jeux de Sydney en 2000. En Occitanie, la situation est révélatrice d’un phénomène national : le manque de structures dédiées à la pratique féminine freine directement le développement du sport, alors même que la demande existe.

L’initiative de Sea Sun Polo s’inscrit dans une tendance plus large observée dans plusieurs régions françaises, où des clubs amateurs prennent le relais des fédérations pour recréer du lien entre joueuses, souvent par manque de moyens dédiés au niveau national. Cette dynamique de terrain, portée par la motivation individuelle de personnes comme Julie Brechner, illustre à quel point le développement du water-polo féminin dépend aujourd’hui largement de l’engagement bénévole local.

À terme, l’objectif du club rejoint celui affiché dans son projet de développement plus global : structurer une véritable section féminine autonome, complémentaire des équipes masculines SSP1 et SSP2, pour permettre au water-polo féminin montpelliérain de retrouver la place qu’il occupait il y a une décennie.

Vous avez déjà pratiqué le water-polo, ou l’envie de vous y mettre ? Aucun niveau requis, aucun âge limite. Rejoignez la dynamique féminine de Sea Sun Polo.

Source : article de Camille Dupin-Belleville, Midi Libre, publié le 20/04/2026.

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